Historique et Réflexions

Origine du RRSE

Le RRSE, Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises, est né officiellement le 12 avril 1999, sous l’égide du « Taskforce on Churches and Corporate Responsibility » (TCCR). Situé à Toronto, TCCR souhaite depuis longtemps voir surgir des cellules de l’organisme dans d’autres régions canadiennes. En fait, ce sont des investisseurs responsables de Calgary et de Vancouver qui, les premiers, acceptent de développer, sur leurs propres bases, des habilités pour dialoguer avec les entreprises de leurs régions. À Montréal, le processus est déclenché dans les années 1994 – 1996, à la suite de l’inquiétude que porte le directeur de TCCR de ne pas avoir de porte-parole pour communiquer avec les entreprises qui ont leur siège social au Québec. Grâce à la collaboration efficace des Soeurs de Sainte-Anne et des Oblats de Marie-Immaculée, les deux documents de base de TCCR sortent en français dès le début de 1995.

Le 1er février 1996, l’équipe invite quelques médias de Montréal et des représentants de différentes Églises, de congrégations religieuses et d’organismes engagés en pastorale sociale ou/et dans la défense des droits humains. Cette conférence de presse peut être considérée comme l’événement déclencheur de la gestation du regroupement québécois pour la responsabilité sociale des entreprises. Il faudra attendre trois ans avant qu’il acquière le statut qu’on lui connaît maintenant. Trois longues années durant lesquelles on essaiera d’avancer sur plusieurs fronts à la fois : accroissement du membership, travail en réseau, formation des membres, recherche de financement et engagements d’actionnaires responsables.

Et le 12 avril 1999, TCCR-Québec cède la place au RRSE au cours de l’assemblée de fondation. Douze congrégations religieuses, une association et trois individus signent le contrat d’association qui les constitue membres fondateurs du RRSE. En 2013, le regroupement est formé de 49 membres réguliers (communautés religieuses), de 9 membres associés (groupes) et 15 membres associés individuels.

 

 Retour sur le TCCR et l’Afrique du Sud

On peut découvrir le le rôle joué par le TCCR (Taskforce on the Churches and Corporate Responsibility) qui, depuis sa création en 1975 jusqu’à la libération de Nelson Mandela en 1990,  a mené l’opposition actionnariale des Églises à l’apartheid et collaboré avec d’autres ONG et le mouvement syndical pour son abolition. Ce sont les Oblats de Marie-Immaculée et les sœurs de Sainte-Anne, membres de TCCR, qui ont jeté les bases du RRSE que nous connaissons aujourd’hui. « En incorporant une intelligence morale à l’investissement, le TCCR a contribué à transformer le langage des affaires… Nous sommes tous redevables à la lutte entamée il y a déjà 40 ans par les Églises canadiennes et internationales à l’appui de Nelson Mandela… Cette lutte a largement contribué à jeter les fondations de l’investissement responsable et de l’entreprise durable ».

http://isresponsable.ca/la-lutte-anti-apartheid-a-transforme-non-seulement-les-droits-de-lhomme-mais-egalement-notre-comprehension-de-largent/  

 

Investissements et Religion : une cohabitation possible

 En termes économiques, les investisseurs religieux constituent le troisième groupe le plus important au monde. Le troisième rapport biennal d’Audencia Nantes qui leur est consacré a été publié au mois de mai 2014.  Unique en son genre, il propose des enseignements sur l’intégration de préceptes religieux dans l’économie. En anglais, le document est intitulé : From Stewardship to Power, Religious Organisations and their Investment Potentials

Concilier foi et profit

 L’étude démontre qu’en dépit du scepticisme de certains, il est tout à fait possible d’investir en adéquation avec sa foi, tout en générant du profit. De nombreux investisseurs religieux pensent encore qu’une modification de leur politique d’investissement par l’intégration de valeurs confessionnelles pourrait avoir un effet négatif sur leurs résultats. Il est aujourd’hui prouvé que ce n’est pas le cas. La question n’est donc pas de choisir entre foi et profit, mais bien de trouver un équilibre, de tenter d’améliorer les choses en faisant cohabiter argent et éthique.

 L’impact des préceptes religieux sur l’actionnariat et l’entreprise

 L’étude montre que les investisseurs religieux ont des atouts majeurs et uniques pour influencer le comportement des entreprises vers une gestion plus responsable :

– Leurs principes religieux peuvent servir de guide directeur dans la prise de décision d’investissement

 -Ces investisseurs ont, par nature, une perspective à long terme (indispensable dans la notion d’investissement responsable).

– Ils peuvent s’appuyer sur la force de leur communauté mondiale

– Ils ont établi des réseaux qui leur offrent la possibilité de collaborer sur leurs actions d’engagement actionnarial et donc d’en renforcer l’impact.

 Un actionnariat actif peut donc avoir une influence sur les comportements de l’entreprise.

 L’investissement, nouvel outil pour les institutions religieuses désireuses de s’engager dans la société

Si un certain nombre d’investisseurs religieux adoptent des principes responsables et utilisent leur capacité d’activistes en tant qu’actionnaires, tous ne le font pas. Les plus actifs restent encore trop minoritaires. Cependant, étant donné les changements démographiques de certains groupes religieux, l’investissement offre un nouvel outil pour poursuivre leurs activités de respect de l’environnement, d’intégrité et de justice.

NDLR Le RRSE est cité dans la liste des acronymes. Lire le rapport en cliquant www.3ignet.org/resources/3ig_stp-practioner_report_2014.pdfOn découvrira un résumé de l’enseignement religieux des traditions catholique, protestante, juive et musulmane relatif à l’investissement et beaucoup d’inspirations pour la mission du RRSE.