Air Canada,  des progrès

Mai 2013

Après avoir reçu une proposition d’actionnaires, la compagnie Air Canada a invité une délégation du RRSE pour une rencontre le 18 avril dernier. Étaient présents trois représentants d’Air Canada dont Mme Priscille Leblanc, vice-présidente aux communications corporatives. La compagnie ne souhaite pas s’engager à mettre de l’avant les principes du code de conduite de l’Ecpat.  Après discussion, la compagnie a envoyé une lettre au RRSE pour annoncer les engagements de l’entreprise :

Même si l’entreprise ne s’est pas engagée à offrir une formation à ses employés sur l’exploitation sexuelle des enfants, les membres du comité du RRSE ont jugé les progrès de l’entreprise suffisants pour retirer la proposition. Il convient de féliciter le comité Exploitation sexuelle des enfants du RRSE pour sa ténacité dans le dialogue avec Air Canada.

 

 Une proposition à l’assemblée des actionnaires d’Air Canada

Janvier 2013

Le 17 janvier, la Société des Sœurs auxiliatrices et le Fonds d’Intervention du RRSE ont écrit au président d’Air Canada, monsieur Calin Rovinescu, pour déposer une proposition d’actionnaires à l’assemblée générale. Intitulée Adoption d’une politique sur le respect des droits de la personne et la prévention de l’exploitation sexuelle des mineurs, la proposition demande que la compagnie adopte une politique sur les droits humains incluant une section sur la prévention de l’exploitation sexuelle des mineurs et que le Conseil d’administration s’engage également à faire rapport aux actionnaires, à un coût raisonnable et en omettant des informations confidentielles, sur la mise en œuvre de cette politique d’ici la prochaine assemblée générale. Les proposeurs estiment que les politiques d’Air Canada devraient être détaillées, transparentes et vérifiables et être élaborées selon le « Code de conduite pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle ». Ils suggèrent que cinq éléments essentiels pour une politique d’entreprise :

une déclaration de politique d’Air Canada sur l’exploitation sexuelle des enfants;
un rejet commun de cette exploitation avec les fournisseurs;
un rapport annuel d’étape;
une formation des employés et du personnel d’Air Canada sur cet enjeu;
un plan de communication et d’information aux voyageurs.

Il est possible que la proposition soit retirée si un dialogue efficace s’établit. Dans le cas contraire, on demandera aux membres du RRSE qui possèdent des actions dans cette compagnie d’appuyer la proposition.

 

Prévention de l’exploitation sexuelle des enfants avec l’aide des transporteurs aériens

Mai 2012

En tant qu’investisseurs, les membres du RRSE accordent une plus grande importance aux enjeux environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance. Or, les membres du RRSE, ainsi que d’autres groupes d’investisseurs, sont particulièrement préoccupés par les enjeux relatifs au tourisme sexuel auprès des enfants. Cette réalité hautement condamnable et profondément destructrice du droit des enfants à une vie saine s’implante souvent dans le cadre d’une dynamique touristique des pays du Nord vers les pays du Sud, d’où la nécessité absolue de solliciter la contribution d’agences de voyages, de chaînes hôtelières et de compagnies aériennes pour mettre fin à ce trafic.

Le RRSE estime que les compagnies aériennes font partie de l’industrie du tourisme et sont ainsi exposées à des risques potentiels pouvant mettre leur réputation en danger. Une compagnie associée directement ou indirectement à des incidents reliés à l’exploitation sexuelle des enfants peut souffrir d’impacts négatifs substantiels reliés à sa réputation et à une publicité négative.

Le dialogue entrepris par le RRSE sur l’enjeu de l’exploitation sexuelle des enfants se poursuit. Il a déjà donné des résultats très intéressants. Pourtant, bien du chemin reste à faire, et ce, notamment en ce qui a trait à la sensibilisation des voyageurs canadiens par les entreprises canadiennes. Si, tel que le croit Au-delà des frontières, la plupart des responsables des crimes d’exploitation sexuelle commis envers des enfants dans un contexte de tourisme sont les agresseurs « situationnels », les membres du RRSE sont convaincus que l’adhésion des compagnies aériennes canadiennes au Code de conduite de l’ECPAT aura un impact significatif et durable sur la prévention de ces crimes.

À titre d’exemple, la diffusion systématique d’une vidéo rappelant que la loi criminelle canadienne condamne ce type de délit, même s’il est commis dans un autre pays, serait un pas dans la bonne direction. Pour en connaître davantage sur les positions du RRSE consultez notre dossier sur La Responsabilité sociale des compagnies aériennes et l’exploitation sexuelle des enfants.

In english please consult The Social Responsibility of Airline Companies and the Sexual Exploitation of Children.

 

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22 septembre 2010

Le Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE) salue les efforts de Transat afin de prévenir le tourisme sexuel impliquant des enfants.

Transat témoigne de son sérieux dans sa volonté de prévenir le tourisme sexuel impliquant des enfants par une entente de principe avec Au-delà des frontières.

« Le tourisme sexuel impliquant des enfants ne se produit pas seulement dans le Sud-est asiatique, mais aussi dans plusieurs destinations fréquentées par les touristes québécois et canadiens tels le Mexique, Cuba, la République dominicaine. Nous croyons que les voyagistes et les compagnies aériennes peuvent et doivent contribuer à la prévention de ce phénomène et nous saluons ce premier pas fait par Transat,» mentionne Philippe Bélanger, analyste au RRSE.

L’entente de principe permettra notamment à Transat de bénéficier de l’expertise d’Au-delà des frontières dans le domaine de la formation. Les membres du RRSE croient qu’il s’agit d’une étape fondamentale : « Nous encourageons l’entreprise à poursuivre dans cette voie et à se munir d’un plan d’intervention qui, entre autres, informera adéquatement les passagers des risques juridiques encourus lors de méfaits sexuels impliquant des enfants à l’étranger » ajoute M. Bélanger.

Le RRSE est un regroupement de communautés religieuses, d’organismes et d’individus dont le but est de promouvoir la responsabilité sociale des entreprises par l’actionnariat engagé. Ils se sont notamment donnés pour mandat de travailler avec les compagnies aériennes afin qu’elles adoptent des mesures visant à prévenir l’exploitation des mineurs à des fins sexuelles.

Le RRSE s’appuie notamment sur le Code de conduite promu par l’Ecpat qui propose aux entreprises la mise en place des 6 mesures incluant l’adoption d’une politique claire sur cet enjeu, la formation du personnel et la diffusion d’information auprès des passagers.

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Selon l’Unicef, plusieurs études démontreraient une croissance significative de l’exploitation sexuelle de mineurs depuis les dix dernières années. Il s’agit là d’un constat accablant devant lequel le RRSE ne peut rester indifférent. Plus que jamais, les entreprises liées aux activités touristiques, doivent être interpellées sur la prévention du tourisme sexuel.

Le RRSE croit que les transporteurs aériens sont à même d’intervenir afin d’informer leurs passagers sur l’existence de cette problématique, sur ses impacts ainsi que sur les risques légaux encourus. En ce sens, les entreprises aériennes telles que Transat, Air Canada et Westjet devraient contribuer plus significativement à la prévention de l’exploitation sexuelle des enfants et devraient sérieusement examiner la possibilité d’adhérer à l’initiative internationale « the code » (www.thecode.org) mise en place avec le soutien de l’ECPAT (End Child Prostitution, Child Pronography And Trafficking of children for sexual purpose). La mise en place de ce code de conduite, appuyé par de nombreux organismes internationaux, nous paraît la manière la plus crédible pour les transporteurs canadiens d’agir dans ce domaine.

Ce code de conduite comprend six volets :

  1. Établir une politique éthique d’entreprise contre l’exploitation sexuelle des enfants;
  2. Former le personnel de leurs entreprises dans les pays d’origine et dans les destinations dans lesquels elles opèrent;
  3. Introduire une clause dans les contrats avec leurs fournisseurs dans laquelle ils déclarent leur rejet commun de l’exploitation sexuelle des enfants;
  4. Informer les touristes au moyen de catalogues, brochures, affiches, vidéos d’information à bord, billets, pages Web;
  5. Fournir de l’information aux agents locaux « clés » dans chaque destination;
  6. Informer annuellement sur la mise en œuvre de ces lignes directrices.

Parmi les informations à transmettre aux voyageurs mentionnons que la loi canadienne prévoie qu’il est illégal d’avoir des relations sexuelles avec des enfants, et ce, tant au Canada qu’à l’étranger.