Prévention de l’exploitation sexuelle des enfants avec l’aide des transporteurs aériens

22 septembre 2010

Le Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE) salue les efforts de Transat afin de prévenir le tourisme sexuel impliquant des enfants.

Transat témoigne de son sérieux dans sa volonté de prévenir le tourisme sexuel impliquant des enfants par une entente de principe avec Au-delà des frontières.

« Le tourisme sexuel impliquant des enfants ne se produit pas seulement dans le Sud-est asiatique, mais aussi dans plusieurs destinations fréquentées par les touristes québécois et canadiens tels le Mexique, Cuba, la République dominicaine. Nous croyons que les voyagistes et les compagnies aériennes peuvent et doivent contribuer à la prévention de ce phénomène et nous saluons ce premier pas fait par Transat,» mentionne Philippe Bélanger, analyste au RRSE.

L’entente de principe permettra notamment à Transat de bénéficier de l’expertise d’Au-delà des frontières dans le domaine de la formation. Les membres du RRSE croient qu’il s’agit d’une étape fondamentale : « Nous encourageons l’entreprise à poursuivre dans cette voie et à se munir d’un plan d’intervention qui, entre autres, informera adéquatement les passagers des risques juridiques encourus lors de méfaits sexuels impliquant des enfants à l’étranger » ajoute M. Bélanger.

Le RRSE est un regroupement de communautés religieuses, d’organismes et d’individus dont le but est de promouvoir la responsabilité sociale des entreprises par l’actionnariat engagé. Ils se sont notamment donnés pour mandat de travailler avec les compagnies aériennes afin qu’elles adoptent des mesures visant à prévenir l’exploitation des mineurs à des fins sexuelles.

Le RRSE s’appuie notamment sur le Code de conduite promu par l’Ecpat qui propose aux entreprises la mise en place des 6 mesures incluant l’adoption d’une politique claire sur cet enjeu, la formation du personnel et la diffusion d’information auprès des passagers.

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Selon l’Unicef, plusieurs études démontreraient une croissance significative de l’exploitation sexuelle de mineurs depuis les dix dernières années. Il s’agit là d’un constat accablant devant lequel le RRSE ne peut rester indifférent. Plus que jamais, les entreprises liées aux activités touristiques, doivent être interpellées sur la prévention du tourisme sexuel.

Le RRSE croit que les transporteurs aériens sont à même d’intervenir afin d’informer leurs passagers sur l’existence de cette problématique, sur ses impacts ainsi que sur les risques légaux encourus. En ce sens, les entreprises aériennes telles que Transat, Air Canada et Westjet devraient contribuer plus significativement à la prévention de l’exploitation sexuelle des enfants et devraient sérieusement examiner la possibilité d’adhérer à l’initiative internationale « the code » (www.thecode.org) mise en place avec le soutien de l’ECPAT (End Child Prostitution, Child Pronography And Trafficking of children for sexual purpose). La mise en place de ce code de conduite, appuyé par de nombreux organismes internationaux, nous paraît la manière la plus crédible pour les transporteurs canadiens d’agir dans ce domaine.

Ce code de conduite comprend six volets :

  1. Établir une politique éthique d’entreprise contre l’exploitation sexuelle des enfants;
  2. Former le personnel de leurs entreprises dans les pays d’origine et dans les destinations dans lesquels elles opèrent;
  3. Introduire une clause dans les contrats avec leurs fournisseurs dans laquelle ils déclarent leur rejet commun de l’exploitation sexuelle des enfants;
  4. Informer les touristes au moyen de catalogues, brochures, affiches, vidéos d’information à bord, billets, pages Web;
  5. Fournir de l’information aux agents locaux « clés » dans chaque destination;
  6. Informer annuellement sur la mise en œuvre de ces lignes directrices.

Parmi les informations à transmettre aux voyageurs mentionnons que la loi canadienne prévoie qu’il est illégal d’avoir des relations sexuelles avec des enfants, et ce, tant au Canada qu’à l’étranger.