Barrick Gold et le projet Pascua-Lama

Mise à jour des enjeux relatifs au projet Pascua-Lama

Les Chiliens sortent tout juste d’élections où, pour la première fois depuis Pinochet, la coalition de centre gauche qui gouvernait le pays vient de céder sa place à un parti de droite dirigé par M. Sebastián Piñera, économiste et fortuné homme d’affaires. On peut néanmoins considérer que la fin de règne du gouvernement actuel (M. Piñera n’entrera en fonction qu’au cours du mois de mars) contribue à attirer l’attention des Chiliens sur l’importance des glaciers et de leur réserve d’eau douce. En effet, le gouvernement vient d’octroyer d’important fonds à la réalisation d’une étude sur les glaciers chiliens après que des résultats préliminaires aient démontré que 92 % des glaciers chiliens serait en perte de volume.

Selon le deuxième rapport trimestriel de l’entreprise (2009), toutes les autorisations nécessaires au début de la construction du projet ont finalement été accordées et la construction de la mine a officiellement commencé. L’entreprise prévoit extraire de 750 à 800 mille onces d’or par an sur une période de 25 ans. Pascua-Lama représente près de 13 % des réserves d’or de l’entreprise. Alors que l’or se transige actuellement à plus de 1000 US $, Barrick prévoie un coût d’exploitation entre 20 et 50 US $ l’once. Ces données laissent poindre pour les investisseurs les bénéfices extraordinaires que pourra générer ce projet. Malgré tout, il y a peut-être lieu de croire que ces estimations soient optimistes compte tenu des risques associés au projet.

Une enquête de la CONAMA

Suite à des rapports de plusieurs organisations citoyennes et de la Dirección General de Aguas (DGA) qui mettraient à jour un certain nombre d’infractions aux lois environnementales chiliennes, la Comisión Nacional del Medio Ambiente (CONAMA) a ouvert une enquête afin de vérifier les allégations. À ce titre, la DGA mentionnait dans son rapport que les camions de l’entreprise n’auraient pas respecté les normes antipoussiéreuses établies, en ne couvrant pas leurs chargements et en n’arrosant pas leurs roues. On aurait retrouvé de la poussière jusque sur le glacier Estrecho, un effet « imprévu » par l’étude d’impact environnemental réalisée jusqu’à maintenant. Mentionnons que le dépôt de poussière sur les glaciers représente un enjeux important dans la mesure où cela contribuerait à en accélérer la fonte. De plus, les camions de l’entreprise auraient franchi en un endroit interdit la rivière Estrecho. Pour ajouter à la liste de ces griefs, la compagnie aurait procédé à l’extraction d’eau à un endroit encore une fois non prévu par les études d’impacts. Si ces allégations s’avéraient, la compagnie pourrait faire l’objet de sanctions.

Des questions à éclaircir concernant l’eau

Lors de sont dernier rapport annuel l’entreprise mentionnait notamment :
In the future, changes in regulations or laws or enforcement could adversely affect our operations; and any instances of non-compliance with laws or regulations that result in fines or injunctions or delays in projects, or any unforeseen environmental contamination at, or related to, our mining properties, could result in us suffering significant costs. We mitigate these risks through environmental and health and safety programs under which we monitor compliance with laws and regulations and take steps to reduce the risk of environmental contamination occurring. We maintain insurance for some environmental risks, however, for some risks, coverage cannot be purchased at a reasonable cost. Our coverage may not provide full recovery for all possible causes of loss. The principal factors that can cause expected cash flows to change are: the construction of new processing facilities; changes in the quantities of material in reserves and a corresponding change in the life of mine plan; changing ore characteristics that ultimately impact the environment; changes in water quality that impact the extent of water treatment required; and changes in laws and regulations governing the protection of the environment.

Du point de vue d’un actionnaire, il s’agit là des principaux facteurs de risques auxquels un projet tel que Pascua-Lama est exposé. Les enjeux relatifs au projet demeurent d’actualité.

Barrick et la mine de Pascua-Lama : une priorité pour le RRSE

Depuis maintenant plusieurs années, le RRSE suit avec attention les divers développement en lien avec le projet Pascua-Lama, mis de l’avant par la l’entreprise d’exploitation minière Canadienne Barrick Gold. Tant par son ampleur (le projet occupe une concession de 3 041 kilomètres carrés) que par sa situation géographique surplombant les frontières du Chili et de l’Argentine (au coeur d’une zone semi-aride et désertique à une altitude variant de 3 800 à 5 200 mètres) le RRSE est d’avis que ce projet présente des risques importants en ce qui a trait à la qualité et à l’accessibilité de l’eau pour les populations locales.

Suivant le principe de précaution, et considérant que:

Le RRSE proposa par voie d’une proposition d’actionnaire que: